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Et si le verre était à moitié plein…

C’est peut-être dur à dire, mais depuis la naissance du Lutin je n’ai jamais eu vraiment l’impression de pouvoir profiter d’avoir un bébé.

Mis à part les 10 premiers jours peut-être, et encore, j’étais tellement crevée après cet accouchement que je n’ai pas ressenti l’euphorie vécue après la naissance du P’tit Loup 4 ans plus tôt.

Tout le monde a l’air de penser qu’avoir un bébé c’est merveilleux. De quoi pourrait-on se plaindre ? On a dans les bras le plus beau cadeau qu’une femme puisse espérer.

Quand j’écris ça, avec le recul, je me dis que le baby blues avait dû frapper même si je n’ai jamais voulu l’accepter. Quand mon mari me disait que je déprimais je m’énervais presque en rejetant vite au plus loin de moi cette idée.

Mais je me rends compte aujourd’hui que même si je ne voulais pas l’admettre j’ai bien dû traverser une phase de déprime.

Alors oui, j’avais ce bébé tant attendu dans mes bras, et j’étais vraiment heureuse qu’il soit là. Mais les journées et les nuits difficiles se sont enchaînées et la descente aux enfers a commencée.

Pourtant on était déjà « entraînés » puisque 4 ans plus tôt le P’tit Loup était entré dans nos vies. J’avais l’impression d’en avoir bavé à l’époque. Mais ce n’était rien comparé à ce que j’ai vécu cette fois-ci. Finalement, moi qui pensais que les 4 premiers mois du P’tit Loup étaient atroces j’ai vite relativisé quand j’ai vu comment ça se passait avec le Lutin. Ou alors le temps m’a fait oublier certaines choses, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit je n’ai jamais eu l’impression d’être aussi fatiguée et découragée que ces 6 derniers mois.

En cause : plus de 2 mois de coliques intenses durant lesquels le Lutin ne dormait quasi pas et n’acceptait pas d’être ailleurs que dans nos bras (et encore, souvent il pleurait même sur nous) et des multiples réveils la nuit pour des raisons diverses et parfois toujours inconnues. Rajoutez à ça qu’après mon accouchement j’ai bien cru que je resterais incontinente jusqu’à la fin de ma vie. Je pense que ça fait pas mal de raisons pour être complètement épuisée.

Heureusement les mois passent et je me rends compte avec joie que les choses évoluent tout de même de manière positive. Les coliques ont finalement cessées, les phases d’éveil en journée nous permettent d’avoir de vrais échanges avec le Lutin. C’est aujourd’hui un bébé joyeux qui sourit tout le temps et s’intéresse à tout ce qui l’entoure. La seule ombre au tableau ce sont encore les nuits chaotiques qui sont devenues de plus en plus difficiles à gérer surtout avec la reprise du travail.

Ces derniers temps j’étais vraiment abattue. Je traînais les pieds, je n’avais plus envie de rien faire, rien ne me faisait plus plaisir. J’aurais pu passer mes journées au lit, roulée en boule sous ma couette.

Et puis je suis tombée sur un article de Megan Minnerman Morton, une maman blogueuse américaine.

Dans son article intitulé « Maman, quelqu’un a besoin de toi ! » elle raconte comment elle est passée de maman épuisée et découragée à maman fatiguée mais comblée.

Voici quelques extraits dans lesquels je me suis reconnue et ceux qui m’ont permis d’avoir le déclic pour me sortir de cette morosité qui m’habitait :

[…] cette routine, le fait que l’on ait en permanence « besoin de moi » est réellement épuisante à la longue.

Et puis un jour, d’un coup cela m’a frappé : ils ont besoin de MOI. Personne d’autre, dans le Monde entier. Ils ont besoin de leur Maman.

Quand j’ai commencé à accepter le fait qu’être une Maman signifie que je dois être disponible à tout moment, j’ai commencé à retrouver une certain paix intérieure. […] Maman est mon devoir, mon privilège, mon honneur.

J’ai signé un contrat sans le savoir, celui d’être là à chaque fois que quelqu’un a besoin de moi, à toute heure du jour ou de la nuit.

[…]

Maman ça veut dire que je fais passer les besoins de mes enfants bien avant les miens sans me poser de questions.

[…]

Je sais qu’un jour viendra où plus personne n’aura besoin de moi. Je sais qu’un jour viendra où mes bébés seront partis depuis longtemps, bien occupés dans leurs vies respectives. […] Alors plus personne n’aura besoin de moi. Peut-être même que je serai devenue un fardeau. […] Je suis sûre qu’alors, mon coeur vieillissant se souviendra avec nostalgie de ces petites voix qui disaient « Maman, quelqu’un a besoin de toi ! » .

[…]

Un jour, […] Je dormirai en paix, sans craindre d’être réveillée, sans avoir peur que mon bébé soit malade ou bien qu’un enfant se mette à pleurer. Tout cela ne sera qu’un souvenir. Ces années ou quelqu’un a besoin de moi, elles sont épuisantes mais elles passent à une vitesse folle.

C’est pourquoi j’ai arrêté de rêver au fait qu’ « un jour, les choses seront plus faciles » . Parce que la vérité, c’est que ce sera peut-être plus facile, mais ce ne sera jamais aussi bien, aussi beau qu’aujourd’hui. […] « Un jour » je pourrai prendre des douches seule et faire des pédicures. « Un jour » , j’aurai tout le temps libre que je voudrai. mais aujourd’hui, je me donne, et je suis épuisée, et sale, et je suis TELLEMENT aimée…

( Traduction de l’article complet ICI )

Alors, personnellement je trouve que son article est parfois un peu trop « édulcoré » . J’ai beau avoir réussi à relativiser les choses pour retrouver un peu d’optimisme je ne m’émerveille pas pour autant à chaque fois que je dois me lever la nuit ou lorsqu’il y en a un qui pleure parce qu’il a mal quelque part. Je n’en suis pas non plus encore réduite à ne carburer qu’au café et aux restes de petits pots de mon bébé et heureusement pour tout le monde je prends des douches quotidiennes.

Mais il m’a permis de reprendre conscience de mon rôle de maman et surtout de l’aspect éphémère de tous ces tracas du quotidien.

Oui il ne fait toujours pas ses nuits, oui il pleure sans que parfois je ne sache quoi faire pour le consoler, oui je suis complètement épuisée après une journée de travail et rien qu’à l’idée de m’occuper d’eux j’aimerais déjà qu’il soit 20h pour qu’ils soient couchés. Mais tous ces moments avec eux sont des instants privilégiés et à moi d’essayer d’en profiter un maximum.

Je suis certaine que lorsqu’ils seront plus grands et qu’ils n’auront plus besoin de moi je regretterai tout ça.

Alors j’ai décidé de me reprendre en main et d’essayer de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Ce n’est pas facile tous les jours mais depuis, même si je suis toujours autant fatiguée, au moins j’ai retrouvé l’envie. L’envie de me bouger et de faire des choses avec eux, pour eux.

Je mets entre parenthèses mes loisirs et les ptites choses qui ne concernent que moi. Je ne dis pas qu’il faut tout sacrifier et se couper du reste du Monde quand on a des enfants. Bien sûr que non ! C’est important aussi d’avoir du temps pour soi, pour se retrouver, pour s’épanouir personnellement. Mais ma priorité reste ma famille et surtout mes enfants. Ils vont grandir bien trop vite, c’est certain. Ils ne vont pas attendre que je sois disponible pour eux, alors à moi de l’être quand ils en ont besoin. Le reste peut bien attendre.

Aujourd’hui je vois le verre à moitié plein, mais je sais que demain, il débordera !

freres C

Lien Permanent pour cet article : http://www.quotidiendemaman.com/et-si-le-verre-etait-a-moitie-plein/

2 comments

  1. maman délire

    tu as raison !! mais ça n’empêche que c’est a dur a vivre sur le moment.. lorsque mon petit est né, il avait des régurgitations, il pleurait, il hurlait a n’importe quelle heure du jour et de la nuit… je priai pour qu’il grandisse vite… ce qu’il a fait !! il a maintenant 8 ans, et ça passe bien trop bite !! même si j’adore m’occuper de lui maintenant d’une autre façon, le dialogue est plus facile avec un enfant qui a appris à parler ! ;-)

    1. Jenny

      Je suis tiraillée entre vouloir qu’il grandisse vite (surtout parce qu’en ce moment il veut tout faire comme nous, manger comme nous mais qu’il est encore trop petit pour tout ça) et vouloir qu’il reste mon bébé encore longtemps.
      Il a 11 mois (depuis quelques minutes tiens ! ^^ ) et j’adore m’occuper de lui pour les « soins » (le nourrir, le changer, le laver…) et les câlins, mais j’avoue qu’en dehors de ça j’ai peu d’imagination pour l’occuper. C’est plus facile quand ils sont plus grands.

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